You can't stay like this

" Victor vivait depuis deux mois chez Charlotte à Toulouse quand il décida de lui démontrer qu'il était capable de travailler. A 23 ans, au coeur de l'été, il avait réussi à quitter après douze jours de mutisme complet, le camp semi-disciplinaire des Dragons de Mourmelon où il était censé accomplir son service militaire. Ne pas prononcer un mot pendant près de deux semaines n'avait pas été précisément une partie de plaisir mais il avait obtenu ce qu'il voulait : être réformé par l'armée. Que les esprits offusqués de le voir ainsi se dérober au lever du drapeau aillent donc passer vingt-quatre heures dans cette riante commune de la Marne et nous en reparlerons. Par les fenêtres de sa chambre à l'infirmerie, il pouvait parfois simultanément apercevoir les troufions se coltinant le parcours du combattant pendant qu'un peu plus loin, toute grâce dehors, deux jeunes filles en chemisettes et jupettes blanches, jouaient au tennis. Cette double vision résumait parfaitement l'état d'esprit de Victor. Tracez une diagonale reliant le département de la Marne à celui de la Haute Garonne et vous comprendrez qu'allergique à la marche au pas et fort épris de Charlotte, il lui était inconcevable de faire la guerre dans le Nord alors qu'il rêvait de faire l'amour dans le Midi" Voici ce que je sors de mon sac, alignées ainsi ce lundi matin, les premières lignes de " Quelques pièces sur la table " bientôt en vente chez votre buraliste et votre libraire préférés. Le maximum sera fait afin que cela paraisse avant les fêtes de Noël. C'est bath.