La_ligne_bleue

C'est jeudi, entre 17 h 30 et 18 heures, je vais voir une certaine Nathalie Man qui colle ses poèmes sur les murs des villes et des campagnes parfois. Elle en expose quelques-uns rue Berthelot du côté des Chartrons. Marchant vers l'arrêt de bus, je suis la ligne bleue du ciel et de la terre. Je me dis que c'est un bon signe. Nathalie Man écrit au couteau les sensations aigües que connaissent les affamés de la rue. Elle sait regarder les hommes qui se battent pour ne pas dans le bitume disparaître. Ses poèmes résonnent de sa petite musique universelle et c'est ça, le truc. Nathalie Man me fait penser à une des plus belles chansons de Bob Dylan : " She wears an egyptian ring who sparkles before she speaks." Nathalie Man parle à la vitesse d'un cheval au galop. Mais c'est dans le silence tranchant de sa poésie qu'elle s'exprime, limpide. " Elle porte un anneau égyptien qui étincelle avant qu'elle parle."