mous du genou

Voici trois semaines je bavardais autour d'une tasse de café avec un pur Parigot installé depuis deux ans à Bordeaux dont il ne se lassait point de vanter le mode de vie ô combien agréable en comparaison avec le stress devenu insupportable de son Paname natal. Il ne me cacha cependant pas son exaspération devant la lenteur des usagers du tram, qui pour y entrer, qui pour en sortir, concluant son discours par l'argument suivant : " Il faut sans doute leur laisser le temps de s'adapter à ce mode de transport." Comme je lui répondis qu'en décembre Bordeaux fêtera les dix ans du tramway, il comprit sur le champ que c'était trop tard et je le confortai en lui confiant partager cette exaspération comparable à la stupéfaction qui me saisit chaque fois que dans les couloirs du métro  je vois le piéton parisien adopter la vitesse de la rafale de la Kalachnikov au galop. C'est ainsi que voulez-vous cher monsieur, les Bordelais sont dans leur immense majorité mous du genou et  puisque nous parlons des moyens de transport dans cette ville magnifique, je ne vous mettrai pas de plus mauvaise humeur en mettant sur le tapis la question de ses taxis. Ce serait vraiment faire preuve d'un manque total de courtoisie.